Angkor est l'ancienne capitale de l'Empire khmer qui prospéra du IXe au XVe siècle. Ses ruines sont situées dans les forêts au nord du Tonlé Sap, proches de l'actuelle Siem Reap et classées au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.

L'histoire retient le IXe siècle pour la fondation d'Angkor. Or les ruines de ce site cambodgien ne seraient que la partie monumentale connue d'une présence remontant à l'âge du bronze. C'est ce que révèle la nécropole de Koh Ta Méas, datée d'au moins 1800 avant notre ère.
Pas moins de vingt-sept sépultures ont été dégagées, avec leurs nombreuses offrandes. Les squelettes humains des cinquante-neuf individus identifiés sont d'une grande valeur pour la connaissance du peuplement préhistorique du Sud-Est asiatique continental. Celle-ci révèle une population peu robuste, qui a cependant développé une résistance immunitaire à la malaria.

Ces fouilles ont été l'objet d'une exposition au Musée national de Phnom Penh jusqu'en février 2010.

L'empire khmer est fondé au début du IXe siècle par Jayavarman II mais c'est l'un de ses successeurs, Indravarman I, qui entreprend les travaux d'aménagement hydraulique, base de la prospérité de la région et le premier édifice encore visible, le Preah Kô, consacré en 879 et construit en brique comme tous les monuments antérieurs, inaugurant plus de trois siècles d'apogée de l'architecture khmère.

Le premier temple-montagne, configuration caractéristique de la cosmologie hindouiste, est édifié par ses soins en 881 au Bakong. Ces temples-montagnes adoptent une symbolique du mont Meru, axe du monde et séjour mythique des dieux en 5 niveaux concentriques hérissés de 109 tours.

Les successeurs d'Indravarman, notamment son fils Yaśovarman crédité de « créateur d'Angkor », entreprennent des aménagements gigantesques, plus au nord-ouest, avec construction des digues du bārāy oriental et l'édification de monuments, désormais en pierre : le Phnom Bakheng (vers 900), le Mebon oriental au centre du bārāy oriental, et le Prè Rup (vers 960). Les temples-montagnes utilisent des collines naturelles : Phnom Dei, Phnom Bok, Phnom Krom.

Après une période de troubles pendant laquelle la capitale du royaume khmer est transférée à Koh Ker, Sūryavarman Ier réinstalle un pouvoir fort à Angkor. Son successeur Udayādityavarman II fait établir le bārāy occidental et construit le Baphuon vers 1060. Quelques autres querelles de succession plus tard, c'est Sūryavarman II qui édifie Angkor Vat vers 1130.

Les grands rivaux des Khmers, les Chams occuperont Angkor quelques années avant que Jayavarman VII en reprenne possession (1181) et établisse le bouddhisme mahāyāna comme religion officielle. Les constructions prennent de l'ampleur avec l'enceinte d'Angkor Thom et le Bayon, puis le Ta Prohm, le Preah Khan et leurs tours ornées de gigantesques visages du Bouddha souriant sont construits successivement pendant le XIIe siècle. A cette époque, la capitale khmère s'étendait sur 200 km² et comptait près d'une centaine de temples.

Mais l'un de ses successeurs, Jayavarman VIII, dès son avènement (1243), impose le retour à l'hindouisme et détruit de nombreuses sculptures du Bouddha.

Puis le bouddhisme reprendra le dessus au milieu du XIVe siècle, sous sa forme theravāda. Cette nouvelle voie religieuse, beaucoup plus simple dans son approche du sacré, généralisera les constructions légères dont seules subsistent quelques terrasses bouddhiques, réemployant souvent les blocs de pierre des édifices antérieurs.

Le déclin du royaume Khmer sera rapide, son territoire rétréci par la sécession des Thaïs du Royaume de Sukhothaï et ravagé par des guerres incessantes avec ceux-ci et les Chams.

Angkor sera définitivement abandonnée comme capitale vers 1431, après sa prise par les thaïs du Royaume d'Ayutthaya.

Pendant les XVe et XVIe siècles des moines bouddhistes s'approprient le site et détournent des constructions vers des représentations du Bouddha telle l'énorme Bouddha couché au Baphuon. Ce site sera laissé à l'abandon et, pour la plus grande part, enseveli sous la végétation foisonnante de la jungle tropicale.

La période sinistre des Khmers rouges avait rendu le site inaccessible aux visiteurs mais malheureusement pas aux pillards. Par précaution de nombreuses pièces sont aujourd'hui à l'abri au musée de Phnom Penh.

Angkor a connu l'un des effondrements les plus méconnus de tous les temps. Le royaume khmer dura du IXe au XVe siècle. A son apogée, il domina une large frange de l'Asie du Sud-Est, de la Birmanie, à l'ouest, au Viêt Nam, à l'est. Sa capitale, Angkor, comptait pas moins de 750 000 habitants et couvrait une superficie d'environ 1 000 km². A la fin du XVIe siècle, lorsque des missionnaires portugais découvrirent les tours en forme de lotus d'Angkor Vat - le temple le plus sophistiqué de la cité et le plus vaste monument religieux du monde, la capitale de l'empire agonisait déjà. Les spécialistes ont avancé de nombreuses explications mais la plus probable est la suivante : Angkor aurait été condamnée d'avance par cette même ingéniosité qui transforma un ensemble de petits fiefs en empire. La civilisation khmère avait appris l'art d'apprivoiser les déluges saisonniers de l'Asie du Sud-Est, en stockant l'eau dans d'immenses réservoirs (appelés baray) pour éviter les inondations et la restituer en période de sécheresse. Mais elle perdit le contrôle de l'eau, la plus vitale des ressources, entraînant ainsi son déclin. Des sécheresses sévères et prolongées, ponctuées par des pluies torrentielles, auraient anéanti le système hydraulique.
Le pouvoir se déplaça vers Phnom Penh, au XVIe siècle, après une période de moussons irrégulières.

Le temple d'Angkor Vat a été le seul monument entretenu constamment par des moines bouddhistes. Après de nombreuses campagnes de restauration et un très long déminage, la plus grande partie du site d'Angkor est aujourd'hui visitable.

Angkor Thom est la cité royale construite par Jayavarman VII (qui régna probablement de 1181 à 1220), roi bouddhiste de l'Empire khmer, à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle, après la conquête et la destruction d'Angkor par les Chams. Son nom actuel, Angkor Thom, signifie « la grande cité » ; son nom sanskrit était Mahānagara. Elle est le témoin de la grandeur de l'empire. Cette cité se situe à environ deux kilomètres de la rive droite du Siem Reap, une rivière tributaire du Tonlé Sap.

La cité royale a la forme d'un carré, d'environ trois kilomètres de longueur et de largeur, entouré d'un rempart haut de huit mètres bordé par des douves. Au milieu de chacun des quatre murs de l'enceinte se trouve une porte monumentale, ornée d'immenses visages d'un des quatre Grand Rois du panthéon hindouiste et de la représentation d'Indra chevauchant son éléphant tricéphale.

Ces quatre portes sont reliées par deux voies perpendiculaires qui se rejoignent au centre de l'enceinte où se situe le Bayon. Une cinquième porte, la porte de la Victoire, se situe un peu au nord de la porte du mur Est (la porte de la Mort) et permettait d'accéder à la Terrasse des éléphants du Palais Royal, par une route pavée probablement destinée à accueillir les défilés victorieux. Cette porte est dans l'alignement du centre du bārāy oriental, marqué par leMebon.

À chaque porte correspond une chaussée qui franchit les douves. Celle de la porte Sud est gardée de chaque côté par 54 géants, des yakṣa  qui tiennent le serpent fabuleux, le nâga montant la garde devant les quatre grands rois.

Selon une autre interprétation, cette chaussée est bordé d'un côté par des génies bienfaisants (les deva) et de l'autre par les démons (asura) qui tirent ensemble sur Vâsuki le roi des Nagas lors du Barattage de la mer de lait.

Les constructions de Jayavarman VII sont représentatives par leur décoration du syncrétisme réussi par les Khmers entre le bouddhisme Mahāyāna et les cultes hindouistes de Śiva et de Viṣṇu.

À l'intérieur de cette enceinte, se trouvent les ruines de palais, de temples et d'autres bâtiments, envahies par la forêt. Les principales sont :

  • les vestiges du Palais Royal, construit sous le règne de Suryavarman I, 150 ans avant l'érection de l'enceinte dont on peut encore voir les principaux édifices à usage royal;
    • le Phimeanakas, structure religieuse pyramidale qui se trouve dans la même enceinte que le Palais Royal, Palais Céleste où, selon la légende, le roi passait la première partie de chaque nuit avec la Reine-Soleil;

    • la Terrasse des éléphants qui domine la place royale et sur laquelle donnait l'entrée du Palais Royal, et la terrasse du Roi lépreux, située au Nord de celle-ci ;

    • deux petits temples bouddhiques: le Preah Palilay, à une seule tour, décoré de scènes de la vie de Bouddha, et le Tep Pranam dont ne subsiste plus guère qu'une très grande statue du Bouddha assis ;

    • le Baphuon immense temple montagne avec son gigantesque Bouddha couché;

    • Le bassin Sras Srei réservé aux ablutions royales.

  • le temple du Bayon, temple d'État de Jayavarman VII au centre géographique d'Angkor Thom ;

deux édifices dont la destination reste mystérieuse : les Khléang Nord et Sud;

  • bordant à l'est la route du Bayon à la porte Nord, douze petites tours dites Suor Prat à usage festif.

Angkor Thom avait un système de gestion de l'eau très perfectionné:

  • dans l'angle sud-ouest, le Bang Thom recueille les eaux usées collectées par un fossé courant au pied de la muraille,
  • à l'ouest du Palais Royal, un petit baray était alimenté par un canal en provenance du baray occidental
  • dans l'enceinte du palais, la grande mare royale Sras Srei, d'environ 45 m sur 125 m, dont la margelle est ornée entre autres d'animaux aquatiques finement sculptés.

Angkor Vat ou Angkor Wat est le plus grand des temples du complexe monumental d'Angkor. Il fut construit par Suryavarman II au début du XIIe siècle en tant que temple de son état et capitale. Temple le mieux préservé d'Angkor, l'une des plus grandes villes médiévales, il est le seul à être resté un important centre religieux depuis sa fondation, premièrement hindou et dédié à Vishnou, puis bouddhiste. Le temple est le symbole du style classique de l'architecture khmère. Il est devenu le symbole du Cambodge, figurant sur son drapeau national, et il est le lieu touristique principal du pays.

  • Angkor Vat combine deux bases de l'architecture khmère pour les temples : le côté temple-montagne et le côté temple à galeries. Il est conçu pour représenter le mont Meru, la maison des dieux dans la mythologie hindoue. À l'intérieur d'une douve et d'un mur externe de 3,6 km de longueur se trouvent trois galeries rectangulaires, chacune construite l'une au-dessus de l'autre. Au centre du temple se dressent des tours en quinconce. Contrairement à la plupart des temples d'Angkor, Angkor Vat est orientée vers l'ouest, probablement parce qu'il est orienté vers Vishnou. Le temple est admiré pour la grandeur et l'harmonie de son architecture et ses nombreux bas-reliefs sculptés qui ornent ses murs. Sa beauté et sa taille sont telles que beaucoup le considèrent comme la huitième merveille du monde. Il donne également des indices sur l'important système hydraulique d'Angkor. Il est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Angkor Vat se trouve 5,5 km au nord de la ville de Siem Reap et du lac de Tonlé Sap et au sud-est de l'ancienne capitale d'Angkor qui était centrée sur le Baphûon. Le temple d'Angkor Vat est dans une zone du Cambodge ou est la structure la plus au sud des principaux sites d'Angkor. On peut traduire « Angkor Vat » par "Angkor des monastères", car le site en héberge deux. Les Cambodgiens appellent aussi le site Angkor Toc ("le petit Angkor"), par opposition à Angkor Thom ("le grand Angkor"). Le complexe occupe une surface totale de 1 500 mètres sur 1 300 mètres. La décoration khmère, abondante mais harmonieuse, est principalement faite de représentations de dieux, d'hommes et d'animaux, qui remplissent chaque surface plane. Les combats et les épisodes de légendes sont fréquents. Les décorations florales sont réservées aux bordures, aux moulures et aux chapiteaux.

Les principaux matériaux utilisés sont des grès de différentes couleurs et la latérite. La pierre était découpée en blocs énormes assemblés avec une grande précision sans utiliser de ciment, probablement par rodage sur place.

L'appellation « Angkor Vat » est utilisé depuis le XVIe siècle. Avant cette période, le temple semble avoir été appelé « Preah Pisnulok » ("lieu sacré de (celui qui est allé au) monde suprême de Vishnou"), en référence au titre posthume de son fondateur Suryavarman II.

Le temple de Banteay Srei (Xe siècle) (la citadelle des femmes, ou de la fortune) les deux mots sanskrits strī et śrī devenant homonymes en khmer) est situé sur le site de l'ancienne ville d'Iśvarapura (la cité du seigneur, c'est-à-dire la cité de Shiva) à 20 km au nord-est d'Angkor, construit au Xe siècle dans du grès rose et de la latérite, et probablement consacré en 967, sous le règne de Jayavarman V et dédié à Tribhuvanamaheśvara (le Seigneur des Trois Mondes). Il fut découvert et dégagé tardivement (1924) par les archéologues de l'École française d'Extrême-Orient qui mirent en valeur l'exceptionnel état de fraîcheur de ses décorations. C'est sur ce site qu'à partir de 1931, l'équipe de l'EFEO dirigée par Henri Marchal mit au point la restauration par anastylose qui a permis de redonner tout leur lustre à plusieurs autres monuments d'Angkor (Baphuon, Terrasse du Roi lépreux notamment). C'est également en dérobant un linteau du Banteay Srei qu'André Malraux a été pris en flagrant délit de pillage en 1923.

Les cinq tours en brique du temple Prasat Kravan ("temple des cardamomes"), alignées dans le sens nord-sud et orientées à l’est, furent édifiées en 921 pour le culte hindou. La structure ne fut pas commandée par un roi, ce qui est inhabituel et explique sa localisation, un peu à l’écart du centre de la capitale. Les tours se trouvent juste au sud de la route qui relie Angkor Vat au Banteay Kdei. L’ensemble, en partie restauré en 1968, mérite la visite pour ses superbes bas-reliefs ciselés dans la brique des murs intérieurs. Dans la tour centrale, la plus grande des cinq, Vishnou aux huit bras orne le mur du fond ; sur le mur de droite, il chevauche un garuda. Des bas-reliefs représentant Lakshmi l’épouse de Vishnou, ornent la tour la plus septentrionale. Le nain Vamana, l’un des avatars préférés de Vishnou, entreprit la conquête du monde possédé par le démon-roi Bali. Le nain demanda au démon un lopin de terre sur lequel il pourrait méditer, arguant qu’il n’avait besoin que d’une parcelle qu’il puisse traverser en trois enjambées. Le démon accepta et vit alors le nain se transformer en géant et arpenter l’univers en trois puissantes foulées. A cause de cette légende, Vishnou est parfois surnommé « la grande enjambée ».

Le temple Srah Srang ou « le bain royal » est un bassin parementé situé à Angkor, au sud du baray oriental, immédiatement à l'est du temple de Banteay Kdei. Il mesure 700 m par 350. La terrasse et les pourtours sont en grès.

D’après les inscriptions lapidaires, la zone autour du bassin du Sras Srang aurait été en partie occupée à partir de la première moitié du IXe siècle. Au début du Xe siècle, les grands travaux commencent avec le roi Yasovarman I qui entreprend la construction d’un vaste réservoir, le baray oriental nommé Yaçodharatatâka. Au milieu du Xe siècle, Rajendravarman II investit ensuite la zone et y conduit de grands travaux de constructions de temples, de réhabilitation d’ouvrages antérieurs, de routes. Il construit ainsi le premier état du bassin du Sras Srang et réalise des travaux hydrauliques tels la dérivation de la rivière de Siem Reap.

A la fin du XIIe siècle, Jayavarman VII fait construire les temples monumentaux de Banteay Kdei et de Ta Prohm et réaménage le bassin du Sras Srang. Des fouilles ont été menées par Bernard-Philippe Groslier au début des années 60 à l'Ouest du bassin du Sras Srang. Elles ont permis d’établir que le terrain est resté vierge de toute occupation jusqu’au Xe siècle. Ensuite, plusieurs phases se sont succédé jusqu’au début du XVe siècle. Les fouilles ont mis à jour deux états du bassin du Sras Srang, des campements et des ateliers datant de l’époque de la construction de Banteay Kdei et du Sras Srang ainsi qu’une nécropole. Celle-ci s’étendrait également le long de la bordure Nord du bassin du Sras Srang. Là, des jarres emplies de bouddhas, et d’objets en bronze ont été trouvées. Cette pratique s’est poursuivie dans la période post angkorienne de façon plus épisodique. Le rapport mentionne qu’au XVe siècle, le temple de Bantey Kdei sera réutilisé comme monastère bouddhique et transformé en pagode.

Les inscriptions du Xe siècle indiquent que l'eau était amassée là pour le bien de toutes les créatures, à l'exception des éléphants, briseurs de digues.

Le Banteay Kdei (littéralement « la citadelle des cellules monastiques ») est un temple d'inspiration bouddhique édifié par Jayavarman VII vers 1185. Il est situé à 2 km à l'est d'Angkor Thom, au sud du baray oriental. Entourant le bâtiment central probablement dédié au père mythique du roi, Lokeçvara, quatre murs d'enceinte sont encore visibles, entrecoupés de gopuras (portes) ornées de quatre visages d'incarnations du bouddha. Ces décorations sont dans le style d'Angkor Thom. Il reprend les enceintes concentriques des temples-montagnes mais seule la structure centrale est surélevée sur 4 niveaux de latérite. Très peu de sculptures ou de bas-reliefs, même sur les 5 tours édifiées principalement en brique.

A visiter, une superbe bibliothèque à droite de la voie d'accès, à l'intérieur de l'enceinte.

Ce monument a eu une histoire mouvementée, son édification a certainement utilisé des éléments antérieurs, puis il fut victime de nombreuses retouches et destructions dues à la réaction shivaïte après la mort de Jayavarman VII. De nombreuses représentations, notamment des têtes de Bouddha, ont été découvertes enterrées lors des travaux de restauration.

Immédiatement à l'est du Banteay Kdei se trouve le Srah Srang, le bain royal.

Les apsaras sont les danseuses célestes qui divertissent les dieux.

Le temple Ta Keo est le temple d'État de Jayavarman V, construit au début du XIe siècle. Les travaux continuèrent pendant le règne de Jayavīravarman mais furent interrompus par l'accession au trône de son rival Sūryavarman I en 1010. Ils ne reprirent jamais, d'où l'aspect "brut" de ce temple, qui est construit en grès et latérite, et donc propice à la sculpture des superbes bas-reliefs khmers. Ta Keo est un temple-montagne classique avec cinq tours élevées sur la plate-forme pyramidale à cinq niveaux très escarpés (21 m de haut pour une base de 120 m sur 105 m ; la terrasse est un carré de 50 m de côté). C'est l'un des premiers temples comportant une galerie pourtournante, au deuxième niveau.

Ta Prohm est un temple construit selon le style du Bayon à la fin du XIIe siècle. Son nom signifie "grand-père Brahma". Comme les autres temples khmers, Ta Prohm est inclus dans une enceinte de grande dimension (1 km sur 700 m) dont les portes (une à chaque point cardinal) sont ornées d'une tour à quatre visages d'un style proche de celles d'Angkor Thom.

Une cinquième porte plus discrète se trouve sur le mur nord - peut-être servait-elle de "porte de service".

A l'intérieur de cette enceinte devaient se trouver de nombreux édifices monastiques dont seul subsiste aujourd'hui un gîte d'étape près de l'entrée Est de la deuxième enceinte. Celle-ci, entourée de douves d'environ 25 m de large, délimite l'espace carré d'environ 250 m de côté du temple proprement dit.

L'entrelacs des racines et des murs, l'alternance des arbres et des pierres en fait l'un des sites les plus photographiés d'Angkor.

À la différence de la plupart des autres monuments d'Angkor, Ta Prohm a été laissé dans un état proche de sa re-découverte au début du XXe siècle. Il a été choisi à cet effet par l'École française d'Extrême-Orient comme "concession au goût général pour le pittoresque" (Glaize). Néanmoins beaucoup de travail a été nécessaire pour stabiliser les ruines et en permettre l'accès, afin de maintenir "cet état de négligence apparente" (Freeman et Jacques).

Une inscription sur le Ta Prohm indique que 12 640 personnes servaient dans ce seul temple. Elle rapporte aussi que plus de 66 000 fermiers produisaient plus de 2 500 tonnes de riz par an pour nourrir la multitude de prêtres, de danseuses et d'ouvriers du temple. Si l'on ajoute trois grands temples (le Preah Khan et les deux ensembles encore plus vastes d'Angkor Vat et du Bayon), on atteint vite 300 000 cultivateurs, soit à peu près la moitié de la population estimée du Grand Angkor.

Date de dernière mise à jour : 22/10/2014