Kyoto

Kyōto  est une ville de la région du Kansai, au centre de Honshu. Elle fut de 794 à 1868 la capitale impériale du Japon. Elle est aujourd'hui la capitale de la préfecture de Kyōto ainsi que l'une des grandes villes de la zone métropolitaine. Sa population est de 1,46 million d'habitants (estimations 2010).

Avec ses 2000 temples, ses palais, ses jardins japonais, son architecture, Kyōto est considérée comme le centre culturel du Japon. Plusieurs temples de Kyōto sont classés dans le patrimoine mondial de l'UNESCO, sous le nom « Monuments historiques de l'ancienne Kyōto ». Il est possible de parcourir à Kyōto le chemin de la philosophie, chemin qu'empruntait le philosophe Kitarō Nishida tous les jours, afin de réfléchir. Kyōto est également connue pour l'abondance de ses délicieuses denrées alimentaires. L'histoire de Kyōto permet la culture d'une grande variété de légumes. La population de Kyōto parle un dialecte appelé le Kyōto-ben, une version du kansai-ben. Mais il existe aussi des mots typiques de certains quartiers et le Kyōto-ben est souvent assimilé au dialecte utilisé dans le célèbre quartier de Gion, par les geikos (équivalentes aux geishas, mais cette appellation-là est traditionnellement utilisée à Kyōto, ou dans la région Ouest du Japon) et les maikos, les apprenties des geikos, notamment. Kyōto est connue comme un des centres universitaires importants du pays, et accueille 37 établissements d'éducation supérieure. L'importante Université de Kyōto constitue une des meilleures universités au Japon et en Asie ; plusieurs de ses chercheurs ont obtenu le Prix Nobel. Deux autres sont également très renommées. Kyōto a également un réseau important d'éducation supérieure appelé le consortium des universités de Kyōto, qui se compose de trois établissements nationaux, cinq publics (préfectoral et municipal), et 41 universités privées. Il est aussi possible à Kyōto de suivre un cursus scolaire Français (de la maternelle à la Terminale), au sein de l'École française du Kansai, établissement homologué, permettant la reconnaissance de son Baccalauréat en France. Les étudiants représentent environ 10 % de sa population.

En philosophie, Kitarō Nishida (1870-1945) fut le fondateur de l'École de Kyōto, un courant de philosophie japonaise qui a cherché à marier la philosophie occidentale avec la spiritualité issue des traditions extrême-orientales, et poursuivie par de nombreux disciples dont Hajime Tanabe. Le tourisme constitue une importante part de l'économie de Kyōto. La ville jouit en effet de nombreux héritages culturels, constamment visités par les groupes scolaires japonais et par les touristes étrangers. L'industrie de Kyōto est principalement composée de petites installations, la plupart desquelles est gérée par des artisans traditionnels japonais. Les kimonos de Kyōto sont particulièrement reconnus et la ville demeure le premier centre de fabrication de kimonos japonais. La seule grande industrie de Kyōto est celle de l'électronique. La ville accueille en effet les sièges de Nintendo, Omron Corporation, Kyocera, Murata Manufacturing, le géant du textile Wacoal Corporation ainsi que le constructeur de voitures Daihatsu.

Kiyomizu-dera fait référence à un complexe de temples bouddhiques mais est principalement utilisé pour un seul : Otowasan Kiyomizudera à l'est de Kyōto, qui est l'un des endroits les plus célèbres de la ville. Le temple trouve ses origines en 798 (selon la tradition, il aurait été construit par Sakanoue no Tamuramaro), vers la fin de l'époque Nara, mais les édifices actuels datent de 1633. Le temple tient son nom de la chute d'eau qui se trouve à l'intérieur de son enceinte, eau provenant des collines environnantes - kiyoi mizu signifiant eau pure ou eau de source. Le bâtiment principal du Kyomizu-dera est célèbre pour sa plateforme, soutenue par des centaines de piliers, à flanc de colline et qui donne une vue impressionnante de Kyōto. D'ailleurs, l'expression japonaise « se jeter du Kyomizu-dera » est l'équivalent de l'expression française « se jeter à l'eau ». Cette expression a pour origine une tradition de la période Edo qui prétendait que si une personne survivait à un saut depuis la plateforme du temple, son vœu se réaliserait. Cela semble réalisable: une importante végétation en contrebas de la plateforme peut amortir le pèlerin, bien que la pratique soit maintenant interdite. Durant la période Edo, 234 sauts ont été comptabilisés avec un taux de survie de 85,4 %. Le saut ne fait, en effet, que treize mètres. En contrebas du bâtiment principal se trouve la chute d'eau Otowa-no-taki, d'où trois canaux plongent dans une mare. Les visiteurs du temple boivent de cette eau dans des coupelles en fer, eau qui aurait des propriétés thérapeutiques. Il est dit que boire de l'eau des trois canaux confére santé, longévité et succès dans les études. Le complexe contient de nombreux autres temples dont l'un des plus connus est Jishu-jinja, dédié à Okuninushino-Mikoto, un dieu de l'amour et des « bonnes rencontres ». A l'intérieur du Jishu-jinja se trouvent deux « pierres d'amour » placées à dix-huit mètres l'une de l'autre, distance que les visiteurs célibataires essaient de franchir les yeux fermés. L'accomplissement de ce trajet est vu comme un présage de futur rencontre amoureuse. On peut être aidé pour réaliser le parcours, mais alors cela signifie qu'un intermédiaire sera nécessaire pour rencontrer l'âme sœur.

Le Sanjūsangen-dō (Pavillon des trente-trois intervalles) est un temple bouddhiste situé à Kyōto. Son nom d'origine est Renge-ō-in. Grand hall sacré de la secte Shingon fondé en 1132. Il fut reconstruit entre 1251 et 1256. L'appellation Sanjūsangendō est tirée des trente-trois, entre les piliers qui le composent. Il est très long et étroit. C'est la plus longue structure en bois du monde (118,22 mètres). Ce temple renferme 1 001 statues de bois représentants des divinités bouddhistes sculptées par Tankei, Kōzyō et Unkei. La grande statue principale occupe le centre. Elle représente Jūichimen Senju Kannon (aux 11 visages et 1 000 bras) aux yeux de cristal, sculptée en 1254 par Tankei, un célèbre sculpteur de l'ère Kamakura (1185-1333). A sa gauche comme à sa droite se trouvent disposées dix rangées de cent statues dorées de Senju Kannon (Avalokiteśvara aux mille bras), bodhisattva de la compassion. Formées d'un assemblage de pièces de bois sculptées puis recouvertes d'une couche d'or, ces statues ne possèdent pas mille bras mais seulement 21 paires de bras, chaque paire représentant 50 vies à sauver dans l'univers bouddhiste. De chaque côté de la statue de Kannon assise sont également disposées trente autres sculptures. Elles représentent les 28 saints serviteurs de Kannon : Nijūhachi Bushū, et les deux gardiens traditionnels des temples bouddhistes : Raijin, le dieu du tonnerre, et Fūjin, le dieu du vent. En janvier a lieu devant le temple le traditionnel tir de la première flèche de l'année (Tōshi-ya). Cette tradition date de l'époque Edo. Chaque participant doit planter une flèche dans une cible de 1 m de diamètre, placée à 60 m. Un exercice rituel destiné à montrer aux jeunes gens tout récemment devenus majeurs que la vie d'adulte exige patience et maîtrise de soi. Au printemps, depuis la fin du XVIIe siècle, a lieu un concours de tir à l'arc rassemblant les meilleurs archers du Japon. Pendant 24 heures, chaque archer doit tirer le maximum de flèches sur des cibles éloignées d'environ 60 m.

Ryōan-ji (Temple du repos du dragon) est un temple Zen situé dans le Nord-Ouest de Kyōto. Il fait partie du Patrimoine mondial de l'UNESCO. Le temple appartient à l'école Myōshin-ji de la branche Rinzai du Bouddhisme Zen. Le site du temple appartenait à l’origine au clan Fujiwara. Pour beaucoup, le nom du temple évoque son célèbre jardin de pierres, de style karesansui, qui est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de la culture zen japonaise. On pense que le jardin date de la fin du XVe siècle (1499). Il serait l’œuvre du peintre Soami. Le jardin se compose simplement d’un lit de fins graviers de kaolin harmonieusement ratissés sur lequel sont disposées 15 roches basaltiques entourées de mousse. Elles sont réparties en 5 groupes : un de cinq, deux de trois et deux de deux. Les pierres ont été disposées de telle sorte qu’il ne soit pas possible de voir les 15 pierres à la fois, d’où que se trouve l’observateur. Le kaolin ratissé symbolise l’océan, les rochers les montagnes. Le tsukubai constitue l’autre intérêt du temple. Le bassin de forme carré fait référence au kanji  qui signifie « bouche ». De chaque côté du carré est gravé un signe qui, associé à 口 donne à chaque fois un nouveau kanji. Associés, on obtient la phrase ware, tada taru wo shiru, Je connais seulement la satisfaction (sous-entendu, je n’ai pas beaucoup), un concept cher à la mouvance Zen du Bouddhisme. Devant les bâtiments du temple se trouve un lac, souvent éclipsé par la renommée du jardin de pierre. Une île avec un petit autel s’y trouvent à laquelle on accède par un pont en passant sous un Torii.

Kinkaku-ji (Temple du Pavillon d'or) est le nom usuel du temple Rokuon-ji (temple impérial du jardin des cerfs) situé à Kyōto. Ce nom est tiré du Kinkaku (« pavillon d'or »), un bâtiment recouvert d'or, situé dans le jardin du temple. Dans les années 1220, le site abrite la villa Kitayamadai de Kintsune Saionji (1171-1244, chef du clan Saionji, qui fait partie d'une branche des Fujiwara) ainsi que le temple Saionji, inauguré en 1224. Après le déclin des Saionji, la villa et le temple ne sont plus entretenus ; seule une mare demeure de cette époque. Yoshimitsu (1358-1408), le 3e des shoguns Ashikaga, abdique en 1394 pour laisser la place à son fils Yochimochi. Trois ans plus tard, en 1397, il achète le site au clan Saionji et commence à y construire une nouvelle villa, Kitayamaden, en faisant de son mieux pour en faire un lieu exceptionnel, destiné à accueillir plusieurs reliques bouddhistes. Il y réside jusqu'à sa mort. Après sa mort et conformément à ses volontés, son fils Yochimochi en fait un temple Zen de l'école Rinzai. Le temple a été brûlé plusieurs fois pendant la guerre d'Ōnin et seul le pavillon d'or a survécu. Le jardin a cependant gardé son aspect de l'époque. Ce qui a rendu le temple célèbre, c'est le pavillon d'or situé dans son jardin. Le bâtiment est entièrement recouvert d'or pur, à l'exception du rez-de-chaussée. Le pavillon sert de shariden, contenant des reliques de Bouddha. Sur le toit se trouve un Feng Huang doré, ou « Phoenix chinois ». D'un point de vue architectural, c'est un bâtiment harmonieux et élégant qui regroupe 3 types d'architecture différents : le rez de chaussée (Hō-sui-in) est de style Shinden-zukuri, le style des palais de l'époque Heian. Le premier étage (Chō-on-dō) suit le style Buke-zukuri des maisons de samouraï. Le deuxième étage (Kukkyō-chō) est de style Karayō, celui des temples Zen. Le toit est couvert de bardeaux. En 1950, le Pavillon d'or a été entièrement brûlé par un moine mentalement déficient ; cet événement est au centre du roman de Yukio Mishima, Le Pavillon d'or. Le bâtiment actuel, reconstruit à l'identique, date de 1955. En 1987, il est rénové et reçoit une nouvelle couche, cinq fois plus épaisse, de feuilles d'or. En 1994, le Pavillon d'or est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le Feng Huang ou phénix chinois est un oiseau mythique qui règne sur tous les autres oiseaux. On dit qu'il est le plus doux et le plus sage des oiseaux. Les mâles sont appelés Feng et les femelles Huang. Cette distinction des genres est parfois éclipsée pour ne former qu'une seule entité féminine. En effet cet oiseau est souvent associé au dragon (dont il est parfois considéré comme le père) qui est son pendant masculin. Il était d'ailleurs l'emblème personnel de l'impératrice (celui de l'empereur étant le dragon), et apparaissait pour annoncer, comme le qi lin, la naissance d'un grand philosophe. Le Feng Huang est parfois confondu avec l'oiseau vermillon du sud ; en fait, le Feng Huang est un oiseau vivant sur Terre, tandis que l'oiseau vermillon est un esprit du zodiaque.

Le château de plaisance de Nijō se situe à Kyōto. C'est Tokugawa Ieyasu qui le fit construire en 1603. Il se constitue de deux cercles concentriques de fortifications, des palais Ni no Maru et Honmaru, de divers bâtiments de soutien et de plusieurs jardins. Il couvre une surface totale de 275 000 m2 dont environ 8 000 m2 de constructions.

Le château de Nijō est constitué de deux anneaux de fortifications, le plus petit étant inséré dans le plus grand. Ils sont tous deux constitués d'une muraille entourée d'une large douve. Les pavillons du Ni no Maru sont également entourés d'un mur simple et relativement bas. La muraille extérieure est percée de trois portes (nord, est et ouest) tandis que la fortification intérieure n'en a que deux (est et ouest). On trouve dans le coin sud-ouest les fondations d'une pagode à cinq étages (Goju no Tō) qui a été détruite par un incendie en 1750. Les murs intérieurs protègent le palais Honmaru et son jardin. Entre les deux fortifications le palais Ni no Maru, les cuisines, la salle des gardes et plusieurs jardins. Les 3 300 m2 du palais Ni no Maru sont construits presque exclusivement en bois de cyprès. L'intérieur du palais est décoré de peintures murales dorées représentant des pins ou des tigres, dans le but d'impressionner les visiteurs. De somptueux panneaux sculptés y sont également disposés. Les shoguns cherchaient à montrer ainsi leur richesse et leur puissance. Les peintures murales sont des réalisations de l'école Kanô. Ce palais donne un parfait exemple de l'importance de l'architecture dans les rapports sociaux. Les visiteurs de bas rangs sont reçus dans les premières pièces du palais moins richement décorées, vers la sortie, tandis que les visiteurs importants sont reçus dans les pièces intérieures.

Les portes coulissantes permettant l'arrivée des gardes dans les pièces ne sont pas dissimulées, dans le but d'intimider les visiteurs. A l'arrière du bâtiment, le palais abrite les appartements privés du shogun, où seules les femmes pouvaient pénétrer. Une des caractéristiques du château de Nijō est le « plancher rossignol » qui recouvre les couloirs. Il est construit de telle sorte que le moindre pas fasse crisser les lattes de bois, qui émettent un son semblable au pépiement d'un oiseau. Ce plancher est construit pour détecter tout intrus ou assassin potentiel. Le palais Honmaru couvre 1 600 m2, divisés en quatre parties : appartements, salles de réception et de divertissement, hall d'entrée et cuisines. Les différentes parties sont reliées par des cours et des corridors. L'architecture est du style de la fin de la période Edo, et un grand nombre de peintures ont été réalisées par l'école Kanô. Le château est parsemé de plusieurs jardins, vergers de cerisiers du Japon et de ginkgos. Le jardin du Ni no Maru a été dessiné par l'architecte et maître de thé Enshū Kobori. Il est situé entre les deux fortifications, à côté du palais du même nom. Le jardin possède entre autres un grand bassin avec trois îles et de nombreuses pierres placées avec précision, ainsi que des pins miniatures. Le jardin Seiryū-en est la partie la plus récente de l'ensemble du château de Nijō, construit en 1965 dans la partie nord du complexe architectural. Il a été imaginé pour faciliter la réception des hôtes de marques de la ville de Kyōto, et l'organisation d'événements culturels. On y trouve deux maisons de thé et un arrangement de plus de 1 000 pierres.

Ryozen Kannon (Lorsque la Déesse Kannon devient un Monument au Soldat Inconnu), Au lieu des forêts de la montagne Higashiyama, tout près du temple Yokimizu, se dresse une statue tout en ciment, du beau, du vrai, du blanc, construite en 1955 en hommage aux victimes de la Deuxième Guerre Mondiale. Ce pourrait être laid ou kitch malgré la gravité de son sujet, et en fait le lieu entouré d’arbre prend une dimension poétique et hautement symbolique. Ce Monument au Soldat Inconnu a la particularité d’être un hommage à tous les soldats morts, quel que soit leur camp, à la fois alliés et Japonais. Après les années d’ultra-nationalisme des japonais, le symbole est fort. Un homme est un homme qu’il soit d’un bord ou de l’autre. Une souffrance a la même valeur de part et d’autre. Même aujourd’hui, nous ne devrions jamais oublié ce message. La guerre est sordide. Des hommes meurent. Que signifie le mot "Nation" par rapport au mot "Humanité" ? Kannon, la compatissante, propose l’amour comme seul lien de réflexion et de vie. Aux hommes d’être assez sages pour l’écouter. Un monument aux morts pour les vivants aussi. Bien loin du très sulfureux temple Yasukuni à Tokyo, le flambeau du nationalisme japonais et de l’extrême droite nipponne qui honorent les morts japonais comme des héros, le Ryozen Kannon apporte paix et sagesse face aux souffrances passées. Chaque visiteur vient faire brûler un peu d’encens pour tous les morts, avec dans le cœur la compassion suggérée par la déesse Kannon, l’image féminine d’Avalokiteshvara. Cette statue de 500 tonnes et de 24 mètres de hauteur apporte une sérénité certaine dans son cadre de verdure. Pour donner une proportion, l’œil mesure un mètre de largeur... Cette statue fut érigée par Hirosuke Ishikawa.

Gion est un quartier de Kyoto érigé au Moyen Âge à côté du sanctuaire de Yasaka. Le district a été construit pour servir de halte aux voyageurs et visiteurs du sanctuaire. Il a par la suite évolué pour devenir une zone prisée et connue pour ses geishas. Les geishas à Gion sont plus connues sous le vocable local de geiko. Tandis que le terme geisha signifie « artiste » ou « personne des arts », geiko signifie plus particulièrement « un enfant des arts » ou « une femme d'art ». On compte à Kyoto deux hanamachi : Gion Kōbu et Gion Higashi. Malgré le déclin considérable du nombre de geishas à Gion ce dernier siècle, la ville reste célèbre pour son architecture et ses divertissements traditionnelles. Il a souvent été dit que Gion était connu pour son attrait sexuel ce qui est faux. Les geishas ne sont pas des prostituées mais des artistes. Shimabara étant autrefois le quartier chaud de Kyoto. Les geikos de Gion Kōbu présentent leurs danses annuelles lors du Miyako Odori « danses des cerisiers en fleurs » ou « danse de la vieille capitale »). Les danses commencent chaque année du 1er au 30 avril pendant la floraison des cerisiers (Sakura). De nombreux japonais et touristes assistent à cet évènement.

A Kyoto, certains arts sont protégés et transmis dans le respect de l’histoire et de la tradition. Gion Corner se situe dans "Gion", quartier où l’on peut sentir cette histoire et cette tradition. Depuis 1962, Gion Corner est un bon endroit où l’on peut apprécier, sous la forme de plusieurs petites représentations sur scène, l’essentiel des 7 arts traditionnels du spectacle unique au Japon; Kyomai, Kado, Chado, Koto, Kyogén, Gagaku, Bunraku. Prenez votre temps pour apprécier le monde des arts traditionnels du spectacle que le Japon honore. Ne manquez pas ce passage incontournable de votre voyage à Kyoto.

Le Bunraku (théâtre de marionnettes), a constitué pendant plus de douze siècles un divertissement populaire à Kamigata, (ce qui signifie le lien de la capitale et de son voisinage, c’est à dire Kyoto et ses environs). L’art du Bunraku, fut établi par Takemoto Gidaiu, à l’époque d’Eiroku (au XVI ième siècle).
Ce dernier est connu comme le fondateur et le plus grand auteur des Gidaiubushi, la musique et le dialogue du théâtre de marionnettes. Les Gidaiubushis sont des spectacles traitant de la vie quotidienne des marchands d’Osaka qui, à cette époque, était la plus grande cité commerciale du Japon et ces pièces y connaissaient un grand succès.

Kyomai (danse de Kyoto), La danse japonaise présente deux aspects. L’un, nommé Odori à son origine au XVII ième siècle, à la période d’Edo. Il se développa dans les drames du Kabuki et, dans l’action théâtrale, exprime fortement les sentiments humains. L’autre, désigné sous le nom de Maï est issu de l’ouest du Japon. Ce genre de danse a lieu non pas sur la scène mais dans des salles ordinaires. On y retrouve l’influence du Noh. Le Kyomaï (Danse de Kyoto) naquit au XVII ième siècle et fleurit particulièrement dans la culture de la cour à l’époque de Tokugawa. On y trouve l’élégance et le raffinement des manières de la cour Impériale.
La Miyako Odori, célèbre danse des cerisiers, a lieu au printemps. Elle s’inspire des danses du style de Kyoto. Ces spectacles, donnés par des Maikos et des Geishas sont très appréciés pour leur beauté, les couleurs des costumes et la richesse de la mise en scène.

Le Kyogen (comédie ancienne), c'est une sorte de danse, jouée comme intermède entre les pièces de Noh, avec les dialogues habituels de ce temps-là.
L’histoire du Kyogen remonte au quinzième siècle. On dit que le Kyogen originellement se composait de danses primitives, comprenant des sketches acrobatiques et qu’il se jouait pour attirer l’abondance des moissons à l’occasion de la plantation du riz et lors des fêtes aux temples shintoïstes.
A partir du seizième siècle, sous les auspices du Shogoun, le Kyogen s’est répandu dans différentes sociétés, surtout dans celles des samouraïs oú le Kyogen étaient considéré comme un de leurs arts d’agrément.  Le réalisme du Kyogen par opposition au symbolisme des pièces de Noh, de même que le contenu des dialogues a commencé à attirer l’attention des critiques. De nos jours, il y a deux écoles de Kyogen, l’école d’Okoura, et l’école d’Izoumi.
A la différence des pièces de Noh, le masque n’est presque jamais utilisé dans le Kyogen.

Le Gagaku (musique ancienne) le mot Gagaku signifie littéralement “musique élégante” et, dans un sens large, désigne la musique ancienne japonaise. Ce sens s’étend aussi à la danse classique, au chant et à la musique instrumentale T’ang (du VII ième au IX ième siècle). La Chine était en Asie le centre d’une haute culture. Cette musique de cour fut introduite au Japon au VIII ième siècle. Le Gagaku semble être tombé dans l’oubli en Chine avec la chute de la dynastie T’ang, mais il continua de fleurir au Japon parmi les membres de la famille Impériale, la noblesse et les couches supérieures de la société, spécialement à la période Héian (du IX ième au XII ième siècles). Le Gagaku accompagnait les banquets de la cour et les rites sacrés dans les sanctuaires et les temples. Le Gagaku a subit des transformations pour s’adapter au goût du peuple japonais et, par conséquent, est à l’heure actuelle une forme authentique de l ‘art classique japonais.

Le Kado (l'arrangement des fleurs), les êtres humains, au cours de leur longue histoire, ont toujours aimé et apprécié les fleurs. Au Japon, les gens ont arrangé des fleurs dans des bouteilles ou des vases depuis le VII ième siècle, il y a environ 1500 ans, lorsque le Bouddhisme nous est venu de Chine. L’arrangement des fleurs au Japon a pris naissance sur les autels ou des fleurs étaient disposées devant l’image des ancêtres pour apaiser leurs esprits. A l’époque Momoyama (XVI ième siècle) la mode fut créée de disposer des arrangements de fleurs dans la maison réservée à la cérémonie du thé, mais il fallut alors trouver des arrangements d’une simplicité, d’un naturel et d’un symbolisme convenables. Le style qui en résulta est le style Nagéiré ou style Libre. Des éléments artistiques, spirituels et religieux entrèrent dans les techniques d ‘arrangement et grâce à eux l’arrangement des fleurs au Japon acquit son caractère symbolique. 

Chado (la cérémonie du Thé), la tradition du thé a pris naissance en Chine au VIII ième siècle et fut introduit au Japon par les prêtres bouddhistes Zen à la fin de la période de Héian (XII ième siecle). L’usage du thé était destiné à lutter contre l’assoupissement au cours des longues heures de méditation. Au début du XIV ième siècle la consommation du thé se répandit parmi le peuple. Un prêtre Zen, nommé Sen Rikyu (1521-1591) créa la cérémonie du thé selon les formes qui se sont conservées jusqu’à nos jours. Il fut protégé par le Shogun toyotomi Hideyoshi. Pour Sen Rikyu, la Wa Kei Sei Jaku constitue l’essentiel de la cérémonie du thé. C’est l’incarnation de la tendance instinctive du peuple Japonais à rechercher la beauté dans la clarté et la simplicité. Des mots comme, calme, frugalité, grâce, esthétisme de la simplicité austère et de la “pauvreté raffinée”, peuvent aider à comprendre l’esprit véritable de la cérémonie du thé. A la période d’Edo (au XVIII ième siècle) de nombreuses écoles de thé ont fleuri. Elles diffèrent par certains détails mais conservent l’essence de la cérémonie instituée par le Grand Maître.

Koto (Harpe japonaise), Le Koto, instrument à treize cordes, est venu de Chine il y a environ 1300 ans. A ses débuts, cet instrument était utilisé à la Cour impériale pour exécuter le Gagaku ou musique spéciale de cour. Durant de nombreuses années on a admiré la solennité digne et sonore de cet instrument et même aujourd’hui, son harmonie classique est très appréciée. Récemment, on a employé le Koto avec d’autres instruments, créant ainsi un nouveau domaine de la musique tout en conservant la noblesse de l’atmosphère originale.

Le kimono (« chose que l'on porte sur soi ») est le vêtement traditionnel japonais. Il est souvent confondu, à tort, avec les vêtements d'entraînement des arts martiaux. Avant l'introduction des vêtements occidentaux au Japon, le terme kimono désignait tous les types de vêtements ; de nos jours il se réfère à la robe traditionnelle japonaise, de forme T, portée essentiellement pour les grandes occasions. Le kimono descend du kosode, un vêtement utilisé auparavant comme sous-vêtement. Il est formé de rectangles de tissus pliés et cousus, mais jamais recoupés ; il est rectiligne, tombant jusqu'aux pieds ou chevilles, suivant la formalité de l'ensemble et la personne qui le porte. Sa particularité consiste dans ses manches très longues, pouvant aller jusqu'au sol pour les kimonos des jeunes femmes. Le kimono se porte toujours côté gauche sur côté droit : d'une part cela permettait de cacher une arme, d'autre part, les morts sont habillés en croisant dans le sens inverse. Il est tenu en place par une large ceinture nouée dans le dos, appelée obi. Un kimono neuf est particulièrement onéreux, son prix pouvant s’élever à plusieurs milliers d'euros, et le porter est particulièrement compliqué. De nos jours, le kimono est surtout connu par le biais du jour des vingt ans, où les jeunes Japonaises portent un furisode pour la photo traditionnelle. Parmi les plus chers, le furisode porté pour cette fête est souvent loué pour l'occasion. Un usage plus courant du kimono est réservé aux membres de la « très grande bourgeoisie », qui peuvent s'offrir les différents kimonos correspondant aux phases de la vie (jeunesse, âge mur, etc.) et parfois aux saisons. Cependant, ces dernières années ont vu naître un engouement pour les kimonos d'occasion ou sa version simplifiée le Yucatan.

Kyoto c'est une ville qui pour moi a était un vrai coup de Cœur!!

Date de dernière mise à jour : 22/10/2014

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