Volcan d'Island l'Eyjafjöll

J'ai été bloquée par ce volcan pour mon vol retour comme tant d'autres, j'étais coincée après mon voyage au Japon ça restera un souvenir mémorable...

le volcan Eyjafjöll  

L'éruption de l'Eyjafjöll en 2010 est une éruption volcanique qui a commencé le 20 mars 2010 sur l'Eyjafjöll, un volcan du Sud de l'Islande. Sa première phase éruptive s'est déroulée à Fimmvörðuháls, un col libre de glace entre les calottes glaciaires d'Eyjafjallajökull et de Myrdalsjökull, et s'est manifestée par des fontaines et des coulées de lave qui se tarissent le 7 avril. Le 14 avril, la lave refait son apparition dans la caldeira du volcan recouverte par l'Eyjafjallajökull. Elle provoque une importante fonte de la glace ce qui entraîne des jökulhlaups, des inondations glaciaires brutales et destructrices, ainsi que la formation d'un important panache volcanique composé de vapeur d'eau, de gaz volcaniques et de cendres. Ces dernières, poussées par les vents dominants qui les rabattent sur l'Europe continentale, entraînent d'importantes perturbations dans le transport aérien dans le monde avec la fermeture de plusieurs espaces aériens et de nombreuses annulations de vols jusqu'au 20 avril. À partir de cette date, l'activité éruptive est moins explosive mais se maintient à un niveau soutenu.

La première phase éruptive a eu peu de conséquences car son impact reste local. Il n'y a ni blessé, ni victimes, ni dégâts, le secteur concerné par les coulées de lave et les retombées de téphras ne comportant ni habitations, ni infrastructures. Des mesures préventives sont cependant prises avec l'évacuation de 500 à 600 habitants vivant en contre-bas du lieu de l'éruption et avec l'interdiction d'accès au lieu de l'éruption qui sera néanmoins levée dès le lendemain. L'absence de restriction d'accès au Fimmvörðuháls permet à de nombreuses personnes, environ 25 000 au 29 mars, de se rendre sur les lieux en dépit des risques liés à la présence de lave, de retombées de téphras, de gaz volcaniques et d'explosions hydro magmatiques.

La seconde phase éruptive a en revanche des répercussions locales et mondiales plus conséquentes. Les jökulhlaups qui se déclenchent détruisent des routes, des fermes et d'autres infrastructures en Islande. Il n'y a toutefois aucun blessé ni victime grâce à l'évacuation préventive des habitations et à la fermeture d'une partie de la Route 1. Des chutes de cendres et de téphras se produisent dans les environs du volcan et notamment en direction du sud et du sud-est, recouvrant paysages, bâtiments et routes. Porté par les vents dominants, le panache volcanique émis par l'Eyjafjöll se déplace au-dessus de la mer de Norvège en direction du sud-est et atteint l'Europe continentale le 15 avril. Ces cendres volcaniques constituent un danger pour la navigation aérienne car elles peuvent notamment entraîner un arrêt des réacteurs des avions. Par conséquent, certains pays ferment partiellement ou totalement leur espace aérien aux vols commerciaux civils dès l'arrivée du nuage. Les premiers à le faire sont la Belgique, la Norvège, le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni, affectant plus de 6 000 vols,. Le lendemain, la majorité des pays allant de la France à la Russie sont concernés par ces mesures préventives, entraînant des perturbations à l'échelle mondiale. Au 20 avril soit cinq jours après le début de l'éruption, le nuage de cendre continue d'être alimenté par le volcan et se dirige dans un premier temps vers l'Europe continentale. De là, il se scinde en deux branches, l'une en direction de la Sibérie, l'autre en direction de l'Amérique du Nord. Malgré son maintien sur une bonne partie de l'Europe, l'altitude de ce nuage de cendres est inférieure à quatre kilomètre ce qui permet aux avions volant à des altitudes supérieures de redécoller. Ainsi, l'Union européenne décide de rouvrir progressivement l'espace aérien au-dessus du continent à partir du 20 avril à 6 h UTC, permettant un retour progressif à la normale dans ce secteur. L'Association internationale du transport aérien a estimé à 1,7 milliard de dollars, soit environ 1,27 milliard d'euros, le préjudice financier subi par les compagnies aériennes.

Le panache volcanique qui s'est formé au-dessus du lieu de l'éruption est composé de vapeur d'eau, de gaz volcaniques et de cendres et s'élève à une altitude d'environ 4 300 mètres. Devant la dangerosité du nuage pour les avions en vol, de nombreux pays d'Europe ont dû fermer leur espace aérien. En effet, la fumée issue de volcans peut causer de graves dommages aux réacteurs d'avions en les étouffant via des particules de métaux qu'elle contient (comme cela s'était produit pour un Boeing 747 de British Airways qui traversa un nuage de cendres en 1982 et dont les quatre réacteurs étaient tombés en panne (Vol 9 British Airways)). Ces mêmes composants peuvent aussi fausser les sondes situées sur la carlingue dont le rôle est de donner des informations de vol.

L'organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a toutefois fait savoir à l'ONU qu'il n'y a pas pour le moment de normes internationales sur la concentration de cendres volcaniques maximale autorisée pour l'aviation.

Le 17 avril, la compagnie allemande Lufthansa a effectué dix vols test sans passagers en Allemagne, suivie le 18 avril par la compagnie KLM qui a effectué un vol test entre Amsterdam et Düsseldorf. Ces vols se sont déroulés sans difficulté particulière, et pourraient, si d'autres vols tests se déroulent également sans encombre, laisser envisager une reprise du trafic aérien. Le 18 avril, Air France effectue à son tour un vol de test entre Paris et Toulouse qui se déroule sans problème apparent.

Cette situation correspond à la plus grande restriction aérienne survenue depuis les attentats du 11 septembre 2001, suite auxquels les États-Unis avaient fermé leur espace aérien durant 3 jours.

Les restrictions de vol touchent les pays suivants :

  • Allemagne Allemagne : du 16 au 21 avril.
  • Autriche Autriche : depuis le 16 avril
  • Belgique Belgique : depuis le 15 avril et jusqu'au 20 avril 6 heures UTC pour la totalité du pays.
  • Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine : depuis le 17 avril.
  • Bulgarie Bulgarie : depuis le 17 avril
  • Danemark Danemark : depuis le 15 avril et jusqu'au minimum le 18 avril 12 heures UTC pour la totalité du pays.
  • Espagne Espagne (nord du pays) : depuis le 17 avril.
  • Estonie Estonie : depuis le 16 avril
  • Islande Islande : fermeture de l'aéroport international de Keflavík du 23 avril au 28 avril.
  • Finlande Finlande : depuis le 16 avril
  • France France : depuis le 15 avril et jusqu'au minimum le 19 avril 6 heures UTC pour la partie nord du pays.
  • Hongrie Hongrie : du 16 au 19 avril
  • Irlande Irlande : depuis le 15 avril
  • Italie Italie (nord du pays) : depuis le 17 avril
  • Lettonie Lettonie : depuis le 15 avril
  • Luxembourg Luxembourg : depuis le 16 avril
  • Flag of Moldova.svg Moldavie : depuis le 16 avril
  • Norvège Norvège : depuis le 14 avril
  • Pays-Bas Pays-Bas : l'espace aérien était fermé du 15 avril au 19 avril 12 heures UTC pour la totalité du pays. Les vols ont ensuite repris progressivement jusqu'à la levée totale des restrictions, le 23 avril.
  • Pologne Pologne : depuis le 15 avril
  • République tchèque République tchèque : depuis le 15 avril
  • Royaume-Uni Royaume-Uni : depuis le 14 avril
  • Roumanie Roumanie : depuis le 17 avril
  • Slovénie Slovénie : depuis le 16 avril
  • Suède Suède : depuis le 15 avril
  • Suisse Suisse : depuis le 16 avril
  • Turquie Turquie : nord du pays

La plupart des aéroports d'Islande, là où est situé le volcan restent ouverts, les vents soufflant en direction de l'est du pays.

Le 17 avril 2010, le nuage affectait une zone s'étendant du sud de la France à l'est de la Russie et la mer Noire. Selon Eurocontrol, ce jour-là environ 16 000 vols sont annulés, représentant plus de 70 % du trafic aérien européen.

Selon l'AITA, chaque journée de cette paralysie du trafic aérien pourrait coûter 150 millions d'euros (200 millions de dollars US) aux acteurs du secteur.

La compagnie de trains Eurostar a ajouté plusieurs fréquences afin de répondre à l'explosion de la demande résultant du blocage aérien entre le Royaume-Uni et le continent. La situation est semblable pour les autres moyens de transports alternatifs tels que les ferries et les taxis.

Le transport de marchandises est également atteint, les départements d'outre-mer ressentent les effets de la fermeture des espaces aériens sur un plan médical et sur les denrées périssables, en métropole cependant le marché de Rungis est peu touché, seulement 10 % des produits arrivent par avion en cette saison.

En France les aéroports du Sud de la France ont été partiellement touchés, après plusieurs heures de fermeture le dimanche ils ont pu ré ouvrir dans la foulée, permettant ainsi le rapatriement de plusieurs milliers de Français bloqués aux 4 coins du monde.

En Suisse, le 16 avril à 15 h 30 (locale) l'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) communique une première interdiction de vol dans l'espace aérien suisse courant du vendredi 16 avril minuit jusqu'à samedi 17 avril 6 heures, interdiction ne touchant pas les vols de recherche et de sauvetage. L'OFAC annonce aussi que cette interdiction « pourrait se prolonger au-delà ».

Le 18 avril un nouveau communiqué de presse de l'OFAC indique que l'interdiction de vol dans l'espace aérien suisse est prolongée jusqu'à lundi (le 19 avril) 14 heures. Cette interdiction touche les aéronefs volant aux instruments. L'espace aérien situé au-dessus de 36 000 pieds (environ 11 000 mètres) reste ouvert. Cette interdiction ne touche pas les avions volant à vue, principalement les avions de plaisance. Les observations du radar à laser optique LIDAR basé à Payerne permettent d'évaluer la situation.

Le 19 avril l'interdiction est de nouveau prolongée par l'OFAC jusqu'au 20 avril, 8 heures du matin. Cette interdiction touche les aéronefs volant aux instruments. L'espace aérien reste ouvert au-dessus de 21 000 pieds (environ 6 400 mètres d'altitude).

Dès le 16 avril la REGA (Garde aérienne suisse de sauvetage) avait déplacé deux avions ambulances en Espagne pour continuer à assurer le rapatriement médical de ressortissants suisses malgré la fermeture de l'espace aérien.

A partir du 4 mai 2010, un nouveau nuage de cendres perturba les activités aériennes, en Irlande, Irlande du Nord et en Écosse. Quelques jours plus tard, une partie du Portugal, de l'Espagne et de la France furent touchés par le phénomène; entrainant des fermetures d'aéroports ainsi que des annulations et des déroutages de vols..

Date de dernière mise à jour : 22/10/2014